Le temps est venu pour un nouveau challenge. Premier grand test pour Günther, son baptême de pluie, boue et froid. Je profite de la météo inhabituellement douce pour la saison pour me lancer dans un marathon nocturne vers Dieppe. Je donne le départ à 20h pour une arrivée estimée à 7h du matin. Connaissant mes compétences en navigation je suis sûr d'arriver à 10h. L’itinéraire est déjà tracé - Avenue Verte, dont j'ai emprunté une partie dans le sens inverse. Cette fois je vais essayer de parcourir la totalité du tracé. L'essentielle difficulté du parcours, c'est d’éviter les gros axes routiers que les conducteurs "pompettes" empruntent pour rentrer après une soirée bien arrosée.
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| Günther |
Le départ se fait sous la bonne pluie parisienne, mais nous sommes prêts et rien ne peut nous arrêter. Une heure plus tard, les nuages laissent la place aux étoiles. Après quelques problème de balisage et d'orientation à Cergy, je révise sérieusement l'heure d'arrivée. 15 km après Gisors l'Avenue Verte devient l'Avenue Boueuse. Günther s'enfonce et cale, les roues ne tournent plus. Il est temps de pousser. Une fois sur le goudron un nettoyage s'impose pour libérer mon partenaire de l’étreinte de la terre. Le jour ne tarde pas à arriver et la dernière section après Forges-les-Eaux se fera de jour. Une section que j'ai fait lors de mon
retour de Londres, mais de nuit à l'époque. J'ai pu voir la différence de perception de tout ce qui nous entoure. Je préfère la beauté et le mystère de la nuit à condition d'être bien préparé physiquement, ce qui n'est pas mon cas. Enfin à Dieppe, la grande aiguille pointe vers le XII, 5 petites heures de retard.
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| Avenue Verte - dernière ligne droite avant Dieppe |
C'est un des challenges le plus difficile que j'ai jamais entrepris. Mon pire ennemi ce n'était pas tant l'obscurité que la fatigue. A plusieurs reprises je me suis endormi au guidon. Heureusement mon esprit de cycliste reprenait le dessus à chaque fois quand je perdais l’équilibre ou quand je me dirigeais dangereusement vers le fossé. Pour résumer, les longs parcours la nuit sont dangereux et à éviter, mais d'un autre coté ils procurent beaucoup de sensations. Faites votre propre expérience.
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| Forges-les-Eaux |
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| Forges-les-Eaux |
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| L'Avenue Verte - le matin |
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Je découvre votre blog, j'aime beaucoup votre style, et vos récits donne des idées, certain défis font rêver ! Coincidence mon vélo s'appelle Angela !!! :))))
RépondreSupprimerBravo pour Paris-Dieppe de nuit, qqc que je n'oserai pas faire "seul"!!
Günther et Angela :) Ils sont fait pour être ensemble.
SupprimerQuand on est un loup solitaire il faut bien donner un nom à son compagnon d'acier. Sinon on devient taré. La solitude c'est la chose la plus difficile à surmonter lors des longs voyages. Mais une fois passée l'étape quand tu te racontes des blagues pas drôles et t'y rigoles, c'est bon, le plus dur est derrière toi.
Pour le Paris - Dieppe de nuit, rien de méchant, pas de voitures, pas de bêtes dans la foret, même pas un sanglier fâché... juste de la fatigue.
Donner des idées et inspirer les "presque" fous pour franchir le cap et devenir des "vrais" fous, c'est mon objectif.