"Népal" : les vallées et Katmandou
Jour 1
Ce matin le ciel est nuageux et il fait lourd. Je quitte Pokhara en direction de Katmandou. Un long plat descendant à travers la vallée de Pokhara. Il faut attendre 50km pour la première montée importante. Je continue ma route dans une vallée étroite, oppressé par les hautes collines. Ce n'est pas un endroit pour les claustrophobes.Je m'arrête dans le village Mugling où la Marsyangdi se jette dans la Trishuli dans un carambolage de rivières. Toute la rue principale est un gigantesque hôtel. Je n'ai aucun mal à trouver une chambre d'hôte bon-marché. C'est la chambre la plus triste au monde, mais je négocie une télé pour faire passer les heures.
| Marsyangdi |
Jour 2
Aujourd'hui je suis dans la vallée de la Trishuli, un parfait endroit pour la pratique du rafting. La route monte et descend sans cesse, ce qui me casse le rythme, pour ne pas employer d'autres termes bien plus grossiers. Après 60km je quitte la rivière et je décide de m'arrêter dans le premier hôtel.
Depuis 2 jours je suis un régime très sévère ; je ne mange que des biscuits et des samossas. J'adore les samossas.
| Trishuli |
Comme je n'ai rien d'intéressant à vous raconter, je vais vous présenter le jeu populaire préféré des népalais - le Carrum board. Je ne suis pas passé par un seul village sans avoir vu quelqu'un y jouer.
Le Carrum board suit le même principe que le billard ou l'envers, qui sait. On joue avec des palets sur un plateau en bois avec un trou dans chaque coin. Chaque joueur joue de son côté avec la couleur qu'il "choisit" en début de partie. Pour empocher les palets les joueurs utilisent un autre palet de couleur différente, qu'ils propulsent avec le doigt. On utilise de la farine pour une meilleure glisse. Après avoir empoché un palet, on reprend le palet coloré et on le place où on veut dans une zone délimitée de son côté. Quand il reste un seul palet de sa couleur (blanc ou noir), il est temps de finir la partie. Pour cela il faut empocher à la suite le palet roze (équivalent à la boule noir au billard) puis le dernier palet. Si on réalise le roze et on rate le dernier, on remet le palet roze en jeu, au milieu du plateau.
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| Carrum board |
Jour 3
L'approche de Katmandou se ressent. Le nombre de voitures redouble et les conducteurs qui ont le malheur de passer trop près de moi, ont droit à un doigt d'honneur. Un seul me répond ce qui me rassure, ils connaissent la signification de ce geste routier. Après le 25ième kilomètre la grosse montée commence - 15km de lacets à côtoyer des bus et des camions. La montée prend de nouvelles "victimes". À un endroit où la pente est assez sévère je vois 2 camions et 1 bus arrêtés, les chauffeurs en train de bricoler sous le capot. Günther ne tombe jamais en panne, il traine sûrement vers le sommet.J'arrive finalement à Katmandou et je repère sans problème le quartier touristique où j'espère trouver un hébergement. Un gars essaie de me vendre du haschisch, du très bon d'après ses dires, mais je lui réponds que je ne cherche qu'un endroit où crécher. Il me montre du doigt un petit hôtel à peine à 20m. L'endroit est calme, l'eau est chaude et il y a une connexion Wi-Fi. Pour organiser la suite du voyage c'est parfait.
Dans les rues de Katmandou
La première bonne surprise est la nuisance sonore, négligeable comparée à celle d'une ville indienne de taille identique. Il y a beaucoup de voitures mais comme si la mentalité des conducteurs est un poil différente.J'en vois "très peu" de séquelles suite au tremblement de terre. Les népalais ont su rebondir très vite de ce désastre. Bien évidemment il y a beaucoup de chantiers et de bâtisses toujours en ruines.
Je suis amusé par les poteaux électriques avec leurs nœuds de câbles, on dirait une assiette de nouilles électriques. Des fois les câbles arrivent jusqu'au sol et il faut être vigilant. Je ne sais pas si c'est à cause du tremblement mais c'est sûrement l'œuvre d'un maître électricien ; de toute façon j'en connais un qui peut les aider à mettre de l'ordre dans ce électro-bordel.
| Installation électrique |
| Katmandou |
La place Durbar
Katmandou n'est pas la capitale dont j'imaginais. C'est agréable de s'y promener, c'est assez propre et les commerçants ne sont pas chiants. C'est la ville aux milles temples, où je dois dire c'était.La place Durbar est le centre de l'activité touristique de la ville. Jadis la place a été garnie de temples, nombreux d'entre eux actuellement en ruines. Des sanctuaires vieux de centaines d'années réduits en tas de briques par la force de la Nature. Il faut pas oublier qui est le patron et que nous ne sommes que de simples locataires.
Une chose me choque, pour accéder à la place par la rue principale il faut payer un ticket (8€ pour les étrangers) et ainsi participer à la reconstruction des monumens. Mon hôtel se trouvant à 20m de la place, si je dois payer à chaque fois quand je sors pour aller au magasin, je serais vite ruiné. C'est très étrange car ce n'est pas difficile de trouver un autre moyen d'y accéder. Bref, les népalais sont gentils mais il faut pas essayer de capitaliser une tragédie pareille.
| Palais Royal |
| La place Durbar |
| Temple Taleju |
| Kumari Ghar |
| Palais Royal |
| Temple Kasthamandap |
Le temple Harati Devi
Posé sur une haute colline, le temple Harati Devi est un des plus vieux et plus important de la capitale. La montée n'est pas facile, dont les 30 dernières marches sont presque à la verticale, mais cela en vaut la peine. L'endroit propose un incroyable 360° sur Katmandou. Le monastère du temple à subi des dégâts et quelques statues de Bouddha n'y sont plus, mais le principal bâtiment sacré a bien résisté. Les pèlerins en tournent autour jouant avec les rouleaux de prière. Des touristes inattentifs se font braquer par les singes pickpockets moches à courte queue. Les nombreux vendeurs restent respectueux. Les touristes ce jour-là ne sont pas nombreux et c'est agréable d'y perdre une heure là-haut.| Rouleau compresseur |
| Harati Devi |
| Rouleaux de prière |
| Harati Devi |
| Les yeux de Bouddha |
| Harati Devi |
La suite du voyage
Dans ce paragraphe je me mets dans le rôle d'un Thésée essayant de trouver le fil d'Ariane pour sortir du labyrinthe géopolitique de la région sud-est de l'Asie. Des frontières fermées, des mers non navigables, tout le monde est d'accord sur une chose - l'avion est la meilleure solution. Mais Günther n'est pas de cet avis. Je consacre une journée de recherche et de lectures pour donner du sens à ce casse-tête.Avis aux lecteurs hexagonaux préparant un voyage à vélo dans ce coin du monde - ne prenez pas note de ce que je raconte car mon passeport n'est pas floqué d'un "RF". Günther navigue sous le drapeau " blanc, vert, rouge" bulgare. Cette petite précision apportée je peux continuer.
Comme mes amis indiens n'ont pas voulu me donner un visa à entrées multiples et vu la position géographique du Népal, je n'ai pas d'autres solutions que de quitter le pays par les airs. Dans mon dernier article j'ai promis de ne pas quitter le Népal avant de franchir les 3000m, finalement je vais passer même au-delà mais en avion.
Avant tout il faut trouver un cercueil à la taille de Günther. Je l'obtiens dans un magasin de vélo contre la modique somme de 8 euros. Enfin prêt, trois possibilités s'offrent devant moi : soit je vais en Thaïlande, soit en Birmanie, soit en Malaisie.
La Thaïlande : je peux avoir un visa à l'arrivée d'une durée de 15 jours mais pour cela il me faut un billet de retour (obligatoirement par avion). Le souvenir de ce qui s'est passé à l'aéroport de Dubaï est encore frais et douloureux dans mon esprit, et même si l'ambassade thaïlandaise m'assure qu'il n'y aurait aucun souci, je ne suis pas prêt à prendre ce risque. Sinon il faut obtenir un visa touriste normal.
Pour la Birmanie, il n'y a pas de vol direct depuis Katmandou. Le voyage avec 2 escales prend plus de 24h en passant par Delhi et Abu Dhabi, un sacré détour. Je mets de côté cette option.
Pour la Malaisie heureusement je n'ai pas besoin de visa et c'est là où mon esprit se projette. Depuis la Malaisie il est facile de passer en Thaïlande et normalement j'aurai droit à mon visa de 15 jours à l'arrivée. J'espère qu'en passant une frontière terrestre, ils ne vont pas me demander un billet d'avion de retour. Là encore l'ambassade est optimiste. La Thaïlande est un grand pays et pour le traverser en 2 semaines il faut s'appeler Armstrong et avoir les bras et jambes puissants. Ainsi pour renouveler mon visa je serai obligé de quitter le pays et d'y retourner pour une nouvelle période de 15 jours.
Une incroyable occasion se présente, l'option Birmanie est de nouveau envisageable. La Birmanie maintient quelques postes frontaliers avec la Thaïlande, autorisés aux étrangers. Le pays a mis en place une procédure de visa en ligne pour les touristes européens mais il n'est délivré qu'aux aéroports. J'aurai besoin d'un visa normal. Je ne vais pas vous raconter la galère pour trouver une route en Birmanie dans l'hypothèse où je traverse sans problème la frontière. Le pays est un vaste échiquier avec des zones interdites où il faut avancer avec précaution et toujours en règle.
Cela fait 4 jours que je traine dans les rues poussiéreuses de Katmandou et il est temps de bouger. Je prends un billet pour Katmandou à la dernière minute (24h avant le vol). Je vais profiter de Kuala Lumpur en attendant mon visa birman.
La stratégie m'a l'air impeccable, ma logique est indéniable, je me demande juste où ça va coincer.
"Népal" : Tansen et Pokhara
Jour 1
Après un échauffement de 10km je commence doucement mon ascension vers Tansen. Je pars de 150m d'altitude pour arriver à 1200 à Tansen. Je remonte le cours de la rivière Tinaau. Pendant la saison des moussons les paysages doivent être tout simplement magnifiques. Ma route est en très bon état si on laisse de côté les quelques passages qui ressemblent au documentaire sur la Route de la Mort.Après 25km je ne suis pas aussi haut que ça. Cela ne présage rien de bon pour les 17km restants. La pente s'enraidit mais je maintiens un bon rythme de pédalage. Les lacets s'enchaînent et Günther traîne péniblement sa carcasses d'acier. Les 11 derniers kilomètres sont de folie, les gens me regardent, étonnés et amusés de voir un vélo ici.
J'arrive finalement à Tansen, ville touristique, et je négocie vite fait ma chambre dans la première maison d'hôte. J'ai même droit à une douche chaude, la première depuis bien longtemps; je ne compte pas les seaux d'eau chaude.
Quand la visibilité est bonne, une colline pas loin de la ville propose un panorama sur les hauts Himalayas. Malheureusement je n'ai pas de chance et je sors plutôt faire un tour dans la ville. Je tombe sur un match de foot. Ils ont utilisé le seul endroit plat pour le stade, juste à côté de ce qui me semble être la mairie. Tiges de bambou et cordelettes séparent les tifosis du terrain; un plan vigipirate à la népalaise. Sur le terrain quelques touffes d'herbe asséchée et les bosses rendent le jeu très difficile pour le joueurs mais amusant pour le public. J'assiste à 2 buts, un pour chaque équipe et je m'en vais à la mi-temps.
| Tinaau |
| La route de l'extrême |
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| La mairie |
Jour 2
De Tansen pour reprendre la route principale il y a 2 possibilités. Soit on fait le même chemin que à l'aller, le chemin long mais pratique, soit on coupe par la montagne sur une future route, actuellement de terre et de pierres. Je choisis la deuxième option et "aidé" par le locaux je parcours 8km sur la route en construction. La journée commence bien, 25km de descente rapide mais contrôlable. Les paysages défilent plus spectaculaires que jamais. Bon, la descente c'est bien mais je ne suis pas venu ici pour descendre. Je veux de la montée, de la vraie. Elle m'est servie comme souhaité, 10km avec des pourcentages à deux chiffres. La suite c'est un enchaînement de hauts et de bas pour arriver à Waling, la ville étape.| Kali Gandaki |
| Paysage montagneux |
Jour 3
Comme hier, la matinée commence avec une descente cette fois de 10km mais frigorifique. Le soleil tarde à se montrer mais le dénivelé positif qui suit me réchauffe. J'approche Pokhara, la grande ville touristique du coin. Les 10 derniers kilomètres, c'est un super slalom géant. La piste n'est pas parfaite et je me fais quelques frayeurs à cause des trous cachés derrière les virages. J'ai peur plus pour Günther, car je ne suis pas encore prêt pour changer des rayons cassés.La ville est infestée d'hôtels, je n'en ai jamais vu autant. Il y en a pour tous les goûts et budgets. Dès l'entrée dans la ville, un gars en moto m'invite dans sa maison d'hôte. Propreté nickel, emplacement central et prix imbattable, il ne me laisse même pas négocier.
Je viens d'apprendre que jusqu'à Katmandou je ne depasserai jamais les 1500m d'altitude. Moi qui pensais défier l'Himalaya, je suis déçu. Je ne quitterai pas le Népal avant d'avoir franchi la barrière des 3000m.
| Un hôtel ? |
Jour 4
Journée dédiée à la visite de Pokhara. Mon hôte me dit que la saison touristique est mauvaise à cause du tremblement de terre de l'année dernière et les problèmes économiques du pays, notamment avec le carburant. D'ailleurs une bonne nouvelle fait la une des journaux, une importante livraison d'essence vient d'arriver du côté indien.La ville en elle-même n'a rien de spécial, c'est son emplacement qui la rend célèbre. Les affaires tournent autour de 2 activités : la randonnée (à pied ou à vélo) et le parapente. L'endroit le plus célèbre est le village Sarangkot. Avec son altitude il propose un panorama sur la haute montagne himalayenne Annapurna, dont un des sommets culmine à plus de 8000m. C'est également un parfait spot pour les amateurs de parapente.
Même si la visibilité n'est pas parfaite je me lance dans une ascension de 5km avec un dénivelé de 600m. Sur certains passages la pente est trop raide mais je résiste; par contre vers la fin le goudron disparaît et les 10% sont insurmontables pour moi et Günther - je pousse. Au bout du fil une vue splendide accompagnée des cris d'excitation des chinoises en parapente.
Un extrait de Wikipédia concernant l'Annapurna :
"Sur la base des chiffres arrêtés à mars 2012, c'est à la fois le « 8 000 » ayant été conquis le moins de fois — 191 ascensions réussies contre 5 656 à l'Everest — et le plus dangereux de tous avec le plus fort taux de mortalité — 32 % contre 26 % au K2 et 4 % à l'Everest,..."
La descente est éprouvante pour les freins. Une fois en ville je fais une longue balade aux bords du lac Fewa.
| Un cycliste fatigué |
| Annapurna |
| Annapurna |
| Des oiseaux - parapentes |
| Le lac Fewa |
| Le lac Fewa |
"Népal" : dans les plaines du Teraï
Jour 1
Première journée au Népal. Je m'engage sur la route principale du pays, celle qui le traverse d'est en ouest. Les locaux l'appellent l'autoroute mais probablement parce qu'ils n'en ont jamais vu une vraie. Les voitures sont rares, quelques camions, beaucoup de bus et de motos, mais l'essentiel du trafic me ressemble. Il faut passer par l'Inde pour apprécier le silence dans sa juste valeur. Je ne dis pas que le chauffeurs ici ne klaxonnent pas à fond, bien au contraire, mais leur nombre réduit joue en faveur du calme et de la paix sonore.J'avance vers l'est accompagné des cyclistes locaux majoritairement des étudiants sans cartables. En fin de matinée je partage la route avec des travailleurs souvent agriculteurs. Des rizières cernent la route des deux côtés. Au loin c'est la jungle. La route passe à côté de la réserve naturelle Shukla Phanta, habitée par un petit nombre de tigres.
J'arrive au lac Ghodaghodi, apparemment un lieu très touristique. Des cars déposent des tonnes de touristes visitant la petite mare et le temple construit à côté. Je profite de l'animation des lieux pour trouver un hôtel. La concurrence est rude et les prix sont bas.
| Shukla Phanta |
Jour 2
Pour aujourd'hui je prévois une petite journée de seulement 50km. Au matin la région est plongée dans un épais brouillard. J'attends patiemment dans le restaurant de l'hôtel. Il fait chaud et lourd sur l'autoroute népalaise malgré le brouillard. Jusqu'au pont Karnali l'avancée est sans encombre. Je traverse la grande rivière du même nom et je plonge directement dans le parc national Bardia - le domaine du tigre du Bengale. Le comité d'accueil : à gauche une grande famille de singes voleurs moches à courte queue, à droite une famille de singes mignons à longue queue et visage noir. La catégorisation vient de Nathou lors de notre passage à Aurangabad. Pour le première fois je vois les deux races aussi proches l'une de l'autre. Des cerfs et des biches font leur vie dans les bois et s'enfuient à mon passage. Les singes me regardent avec curiosité.J'arrive à l'entrée du village touristique une quinzaine de kilomètres plus loin. Je suis abordé par un hôtelier népalais, Jack, marié à une française. Après 13km sur une route caillouteuse j'arrive enfin dans leur hôtel. L'endroit est magnifique, un vrai paradis. Les chambres sont des cabanes très simples avec terrasse. La propreté est exemplaire et les prix ultra corrects; 4€ pour la cabane la plus simple, jusqu'à 7€ pour celle de luxe. Il me présente sa femme et son petit garçon. La famille vit 6 mois en France et 6 mois au Népal. Une vie de rêve.
Bien que l'hôtel soit à 100m de l'entrée du parc il n'est pas si simple d'y accéder. Il faut être accompagné d'un guide, obtenir l'autorisation et payer l'entrée. On souscrit également une assurance. L'endroit peut être très dangereux; on peut finir embroché par un rhinocéros, piétiné par un éléphant ou croqué par un tigre. Je laisse la visite de la jungle pour une prochaine fois.
Après un bon dîner autour du feu je m'endors dans le silence imperturbable de la forêt. Une petite anecdote - quand on est autour du feu et la fumée vient sur toi, on dit que tu as pissé sur la route. Drôle de logique népalaise.
| Karnali |
| Ma cabane |
Jour 3
Comme tous les matins, le sud de Népal se réveille dans le brouillard. Pour rejoindre la route principale je dois parcourir 10km dans la forêt sur des pistes sablonneuses (un chemin différent de celui de l'aller) alors j'attends autour d'un bon petit-déjeuner que la visibilité s'améliore. Je quitte ma cabane au fond du jardin aux alentours de 10h pour une journée tranquille, toujours dans le parc national Bardia. Aujourd'hui mon jeu préféré c'est de fatiguer les népalais. Beaucoup de cyclistes tentent de me dépasser mais avec une bonne accélération au bon moment je tue leur enthousiasme. Un seul gars arrive à me faire peur, il est étonnamment rapide avec son vélo basique. Je dois pédaler à fond pendant 5 minutes, des fois à 35km/h, pour lui échapper.| Dans la forêt |
Jour 4
Je quitte Kohalpur de bon matin car je prévois une longue journée avec Günther. Le brouillard habituel n'est pas encore levé et j'avance avec une visibilité quasi nulle. Une heure plus tard j'entre dans le parc national Banke. Le silence est partout. D'après les panneaux ici vivent des éléphants, des hyènes, des cerfs et toutes sortes de félins. Avec les premiers rayons de soleil, les oiseaux se réveillent et inondent la forêt avec leur chant. Je m'engage dans une série de montées-descentes sur 70km, avec de superbes paysages, le parc en toute sa splendeur. Je traverse de petits villages perdus dans la forêt où des gamins non scolarisés et assoiffés de célébrité m'arrêtent et me demandent de les prendre en photo.| Le parc national Banle |
| Le parc national Banke |
| Vagabonds |
Remarque, cette fois utile :
Je suis sûr que la question des chiens errants préoccupe beaucoup de cyclistes qui veulent visiter la région. Se faire courser par un quadrupède enragé n'est pas la chose la plus agréable. Je suis frappé par la gentillesse de ces animaux SDF. Pas un seul signe de méchanceté, pas un seul aboiement, et ceci depuis mes premiers jours en Inde.Jour 5
Pour la première fois la matinée est claire et je profite pour faire une bonne journée, digne d'un cycliste de mon rang. Au menu du jour, une montagne sympathique que je traverse en deux temps trois mouvements. La route est très calme si on oublie les bus surchargés avec une sono démesurée. J'ai l'impression que c'est pour un mariage ou une quelconque célébration.| Dans la montagne |
| Dans la montagne |
| Bus surchargé |
| Départementale |
Jour 6
Je me réveille sous les cris d'un coq insomniaque aux alentours de 3h. Je suis sûr que plus personne ne dort dans le voisinage. Tout d'un coup j'ai envie d'un bon coq au vin.Je visite le parc Lumbini où se trouve le temple Maya Devi - le lieu exact de la naissance de Buddha. Je fais l'erreur d'aller à pied car le parc est gigantesque et se fait facilement à vélo. Le temple est construit plus pour protéger les anciennes ruines où les pèlerins déposent leurs dons. Je suppose que dans ce temple il y a plus d'argent qu'à la banque centrale népalaise. Le lieu est symbole de paix et de fraternité entre les peuples. Une flamme éternelle y brûle depuis une éternité; au moins depuis l'année internationale de la paix 1986. On peut y voir également la cloche de la paix - Triratna.
| Maya Devi |
| L'endroit exact de la naissance de Buddha |
| La flamme éternelle |
| La cloche de la paix |
| Monastère thaï |
| Buddha de jade |
| Temple vietnamien |
| Temple chinois |
| Un gros Buddha |
| Temple chinois |
Sur la route je croise des motards en file devant chaque station d'essence. Le précieux liquide est un luxe au Népal (au même prix qu'en France), ainsi que le chocolat qui est bien plus cher que dans l'Hexagone. Pauvre moi qui aime tant le chocolat. Parlant de chocolat, aujourd'hui dans le parc j'ai croisé des mendiants pour la première fois au Népal. Les enfants m'ont demandé dans l'ordre : des roupies, du chocolat ou des biscuits. C'est peut-être ça qui m'a donné tant envie d'un chocolat ce soir. À Butwal je tombe dans un hôtel sympa, pas trop cher et en discutant avec le gérant je découvre qu'il est le cousin de Jack, l'hôtelier népalais à Bardia. Cela me vaut une bonne réduction qui finance mon chocolat.
C'était ma dernière journée sur le plat des plaines de Teraï et dès demain j'attaquerai la montage népalaise - L'Himalaya.
| Les motards en file |
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