Je suis assez content de quitter Istanbul. L'auberge se trouve à 10 minutes du port et du ferry qui va m'emmener de l'autre côté du Bosphore. Une demi-heure plus tard je suis sur le continent asiatique. Le vélo roule tout seul et pour la première fois j'arrive à une vitesse moyenne de 20km/h. Je traverse une zone archi développée industriellement. Des usines, des chantiers navals, des pompes pétrolières, aucune raison de s'arrêter pour prendre des photos. Ou j'aurais dû? C'est une région extrêmement polluée. J'arrive à Izmit plus tôt que prévu. Cette ville grouille de WarmShowers et ce n'était pas difficile de trouver un hébergement. Je suis accueilli par Liz, une canadienne, prof d'anglais, et surtout une super fan de vélo, de camping et d'aventures. Elle vient me chercher avec Merve, une collègue aussi sur le réseau des cyclistes. Toutes les deux, elles cherchent la destination du prochain vélo-trip. Je leur parle d'EuroVélo 6 et cela semble les intéresser. Suffit de régler les problèmes de visas. On prend un thé en attendant l'autre invité de la soirée, Jordi, un espagnol qui fait, en partie, exactement le même voyage que moi. Je vais probablement faire la route avec lui au moins jusqu'à Ankara. Il tient le même rythme que moi, alors on sera peut-être ensemble encore un bon moment. Je sens que mes jours de loup solitaire sont comptés.
Jour 2
Réveil à 6h par le mufti, mais je n'irai pas à la prière. Au lieu de ça je bois un café et je mange pleins de baklavas. À 8h, nous sommes prêts à attaquer les montagnes turques. Après 50km sur le plat de la route principale D100 (celle que j'ai pris dès mon entrée en Turquie), nous la quittons pour aller découvrir les petits villages. Une très grosse montée nous attend. Les gens visiblement étonnés de voir des cyclistes, nous saluent, et les enfants nous lancent des "Hello" apris la veille à l'école. Nous arrivons à Taskesti comme prévu. Aucun hôtel, aucun camping, nous étions au courant. On se met en mode recherche d'endroit pour camper. Au centre-ville, on entre dans la première épicerie et on demande où est-ce qu'on peut rester. Le vendeur nous offre un thé et les coups de téléphone commencent. Bientôt tout le village sait que 2 étrangers y sont. On nous propose de rester à côté d'une station service mais l'endroit n'est pas parfait. Pas assez de place et la station ferme à 22h. Bref on cherche encore et on trouve l'endroit parfait : caché, plat et moelleux, au milieu des noisetiers. On se trouve en altitude et la nuit est assez fraîche et humide. Je vais tester mon sac de couchage. On verra le résultat cette nuit et demain matin. Il est 20h30 et je suis déjà prêt pour dormir.
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| Lac Sapanca |
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| Günther et son ami |
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| Les montagnes |
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| Taskesti |
Jour 3
Réveil à 6h comme d'habitude. La nuit était fraîche mais sous la tente c'était agréable. Le sac de couchage a fait le nécessaire pour me maintenir en vie. Pas un seul nuage dans le ciel mais c'est comme s'il a plu toute la nuit. Nous traversons un brouillard épais et froid. Une demi-heure plus tard le méchant nuage est loin au-dessous de nous. Nous continuons notre montée jusqu'à 1200m d'altitude. Ce qui nous attend de l'autre côté est un véritable spectacle rocheux. Des collines de toutes les couleurs : rouges, blanches, vertes, des fois toutes à la fois. Nous sommes entrés en Anatolie. La route vers Ankara est magnifique, c'est tellement beau qu'on arrive à peine à avancer, les pauses photo étant très demandées. Le plus simple c'est de vous laisser regarder les photos. Rien ne peut remplacer l'œil humain malheureusement. Derrière ces paysages à première vue désertiques se cachent des terres fertiles, probablement du maïs et du blé tapissent le sol l'été.
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| Matin à Taskesti |
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| Matin à Taskesti |
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| Le brouillard |
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| Anatolie en rouge |
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| Anatolie |
Mon ami Jordi est fan des panneaux routiers. Je vais l'envoyer chez mes anciens collègues à COLAS. Il a pris en photo peut-être 50% des panneaux de direction, un STOP turc ("DUR"), tous les panneaux des cols, et surtout il m'a contaminé. Je me moque de lui tout le temps d'ailleurs. Nous arrivons à Çayirhan avec l'idée de camper à l'abri des regards. Nous trouvons le spot parfait à côté du lac Sariyar mais, plaisanterie du destin, il se trouve à 500m d'un hôtel. Je vérifie les prix au cas où... 7.50€ c'est plus qu'intéressant.
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| Vers Ankara |
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| Paysage désertique |
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| Anatolie |
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| Lac Sariyan |
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| Lac Sariyan |
Jour 4
Loin des mosquées, on peut faire la grasse matinée, donc réveil à 7h. Une heure plus tard on est sur les selles pour la plus longue journée vers Ankara avec 2 belles montées. On s'arrête à Beypazari, la ville de la carotte. Le marché dans l'ancienne ville est très sympa et après un bon jus de carottes fraîchement pressées on est enfin prêt. La première montée passe vite dans la fraîcheur matinale mais la deuxième ne s'est pas laissée faire. Sous les rayons brûlants du soleil, on entame une ascension vers un col à 1190m. À mi-chemin on s'arrête pour rafraîchir les carapaces. On a croisé un cyclo français mais dans un moment assez délicat pour lui, essayant de se débarrasser d'un poids inutile et digéré. Son style clodo montre qu'il est fait pour le camping sauvage. La nature l'a emporté. On le laisse finir ce qu'il avait commencé et on continue le moulinage. Après la montée, la descente, et quelle descente. Légère, ne nécessitant pas de freinage, longue, on ne peut pas demander plus. Elle nous emmène jusqu'aux portes d'Ankara. C'est une grande ville mais rien à voir avec la folie à Istanbul. Le trafic est chargé mais on retrouve facilement notre route. On a rendez-vous avec un gars qui doit nous héberger pour les 2 prochaines nuits. Tugberk, un étudiant qui vit avec ses parents, qui aime cuisiner, voyager et discuter. Il nous a préparé un super bon poulet qu'on a dévoré comme des loups affamés. Je découvre le salgam, une boisson à base de navet rouge, très salée et acide. Le goût m'est familier car en Bulgarie on boit la même boisson mais à base de chou. La famille nous a donné quelques conseils pour la suite du voyage.
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| Beypazari - la vielle ville |
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| Beypazari - ville de la Carotte |
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| Avec Jordi |
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| Approche d'Ankara |
Jour 5
Nous consacrons cette journée pour la visite d'Ankara avec notre guide Tugberk. On visite Anitkabir, musée de l'armée, avec une partie consacrée à Atatürk. On continue vers la château d'Ankara d'où on peut voir toute la ville. Avec ceci le tour est terminé. Ilny a 100 ans, Ankara était un village parmi d'autres, mais les guerres ont obligé l'état de déplacer la capitale. Ainsi Ankara est devenue une ville, les architectes ont oublié les parcs, mais ça reste vivable. Les nombreux universités ont amené beaucoup de jeunes. On y mange bien et les commerçants n'essaient pas de nous voler, cela m'est suffisant.
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| Tugberk |
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| Anitbakir |
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| Vue depuis le château |
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| Ankara depuis le château |
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| Anlara |
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| La vielle ville |
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| La veille ville |
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| Lac Sapanca |
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| Le brouillard |
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| Au col (1200mm) |
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| Nallihan |
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| Anatolie |
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| Paysage désertique |
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| La route |
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| Blanc, rouge, vert |
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| Anatolie en vert |
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| Vers Sariyan |
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| Lac Sariyan |
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| Beypazari - le marché |
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| Beypazari |
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| Bibliothèque d'Atatürk |
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| L'allée des lions |
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| La vielle ville |
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| Les pauvres d'Ankara |
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| La vielle ville |
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