"Tour du Monde" : vers Istanbul

Istanbul, Turquie 0

Jour 1

Deuxième grand départ, cette fois pour l'inconnu. J'avoue cela me fait un peu peur, mais comme dans un rêve, sans me rendre compte, je suis déjà à 20km de Haskovo. Le ciel essaie de cracher sur moi, mais comme par magie j'échappe à la pluie. Le mauvais temps qui règne depuis une semaine a gâché mes plans. Je traverse une région riche de découvertes archéologues mal mises en valeur, avec un accès impossible par temps de pluie. Des sanctuaires thraces, forteresses médiévales et des créations étranges de la nature, je passe à côté de tout ça sans pouvoir y jeter un coup d'œil. Je passe les derniers kilomètres à côté du magnifique lac Ivaylovgrad, avec sa drôle de forme allongée ressemblant plus à une rivière. C'est un lac artificiel formé à l'aide d'un barrage. J'arrive finalement à Ivaylovgrad, à la frontière grecque. Je suis accueilli par un couple, fan de vélo. On discute de tout et n'importe quoi accompagnés de quelques bières bien fraîches alors que dehors le ciel lourd d'humidité essaie de casser les tuiles des maisons.
Les Rhodopes 
Lac Ivaylovgrad
Lac Ivaylovgrad

Jour 2

Le matin commence par la visite de la découverte la plus importante de la région - villa Armira. Un villa antique (1er - 3em siècle) très bien conservée, avec des mosaïques, des colonnes romaines, du marbre, un système de chauffage ingénieux, et le tout qui a passé l'épreuve du temps. Je vous invite d'aller taper "villa Armira" dans Google. Je dis adieux à la Bulgarie et j'entre en Grèce. Mon séjour chez les grecques ne dure que 40km à travers des champs de coton et pommiers. J'ai même eu le droit à 1kg de pommes offertes par un gars surpris par le look de mon vélo. J'approche la frontière turque et je sors mon passeport pour la première fois. Une fouille des sacoches et je suis en Turquie. Edirne est la première grande ville, la circulation devient déjà chaotique, cela bouge de partout. La route nationale vers Istanbul est simplement parfaite, avec une large voie d'arrêt d'urgence. Je me sens en sécurité. Je vais dormir à Babaeski, une ville à première vue petite et calme. Je suis accueilli par Faruk, avec qui j'ai fait connaissance sur le réseau WarmShowers. Il n'a pas pu m'héberger chez lui mais il s'est chargé de la réservation de l'hôtel en plein centre-ville pour la modeste somme de 10€. On passe la soirée avec du bon café turc à discuter de vélo, de ma route à travers la Turquie et de foot, on laisse de côté la politique. J'ai l'impression que tout le monde est dehors. Il est 22h et la ville ne dort pas encore, mais je suis fatigué et je me dirige vers mon lit grinçant.
À Ivaylovgrad 
Champs de coton
La mosquée à Edirne
Avec Faruk

Jour 3

Je reprends la nationale, toujours la même. Je ne peux pas me perdre. J'ai prévu pour ce soir de retrouver les joies du camping. J'en ai repéré 3 au bord de la mer Marmara. Peut-être ils seront fermés en octobre mais je tente le coup. Les kilomètres passent dans l'ennui total. Je quitte la route pour aller vers les campings, enfin de l'action. Les deux premiers ne sont pas simplement fermés, ils sont carrément abandonnés. Je tente un hôtel, mais dès qu'ils entendent qu'on ne parle pas leur langue, les prix grimpent. Je continue, tant pis, je croise le troisième camping et il a l'air ouvert. C'est pas donné, la raison est la même. Je monte ma tente à 20m de la plage. Ce soir je m'endormirai avec les bruits des vagues.
Mer Marmara

Jour 4

La nuit était douce, je me réveille en compagnie de 4 petits chats sous ma tente. Le camping est littéralement infesté par ces petites bestioles trop mignonnes. Je suis obligé de les chasser car ma tente n'appréciera pas leurs griffes. Je suis proche d'Istanbul, la circulation devient limite dangereuse. J'ai rien contre les turcs mais leur manière de conduire n'est pas très conventionnelle. Ils n'ont apparemment pas encore trouvé l'usage des clignotants, mais ils manient à merveille le klaxon. J'ai même vu un mec prendre un rond point à l'envers. C'est plus pratique. Je commence à avoir un peu peur des automobilistes et je quitte la route principale pour suivre une route parallèle. C'est toujours dangereux. Istanbul n'est pas une ville amie des cyclistes. Dans les yeux des conducteurs on est plutôt vu comme des piétons, voire des chiens. Personne ne respecte la priorité, bref éviter d'y aller à vélo. Les 5 derniers kilomètres se font à pied, c'est "plus" sûr. Je resterai dans cette cocotte 3 jours pour faire mon touriste et pour organiser la suite de mon voyage.
Günther et les chats
À Istanbul
La mosquée bleue
Les Rhodopes
Fouilles archéologues
Edirne


Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire