Jour 1
J'utilise le confort hôtelier et son internet pour apprendre quelques notions en farsi. Je commence par les chiffres, ce que me permet de décoder une partie de mon visa. Je découvre que sa validité est du 09/07/1394 au 09/10/1394. Je dois faire vite ! Je jette un coup d'œil au journal du jour et je retrouve la même année. Ces gens vivent dans un autre monde.
Après un petit-déjeuner décevant pour un hôtel aussi cher, je quitte Maku. Ce matin l'humidité dans l'air approche les 100% mais la pluie me fuit. Les kilomètres défilent sous les pneus. Aujourd'hui Günther fête ses 10,000km. Je traverse des villages tristes, vivants de l'agriculture. Au bout de 115km la pluie fait enfin surface. Il est temps de trouver refuge. Le prochain village, Evogli, est dans 5km. Je demande au premier commerce où je peut trouver un hôtel ou endroit pour dormir et on me répond : "dans 1km". J'approche un restaurant et les gens devant me font signes de m'arrêter. Cette fois j'obéis. Ils m'invitent d'entrer avec mon vélo et de me réchauffer. Je demande le prix pour une nuit mais ils me disent : "pas de soucis, pas d'argent". Je viens de comprendre, il s'agit d'un restaurant relais étape pour les camions. Une seule pièce sans lits, juste des tapis, mais les douches sont chaudes. Je suis le seul locataire des lieux ce soir. Je suis curieux de voir si c'est vraiment gratuit, mais ça on va voir demain matin à mon départ.
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| 10,000km |
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| Ma chambre |
Jour 2
Moment de vérité... Je paie 7€ ce qui correspond certainement à ce que j'ai mangé et bu hier soir. C'est trop génial. Aujourd'hui je dois arriver à Tabriz. Je roule tranquillement sous les averses, je traverse d'épais brouillards. Vent, pluie et froid, la pire combinaison pour un cycliste. À 20km de Tabriz la pluie redouble d'intensité. Les camions m'arrosent en passant dans les énormes étangs formés sur la route. Je suis complètement trempé mais je continue d'avancer, je n'ai pas le choix. Quand soudain venue de nulle-part, devant moi s'arrête une voiture. Le gars sort et me demande s'il peut m'aider avec quelque chose. Je lui dis que je vais vers le centre-ville pour trouver un hôtel. Alors il me propose d'aller chez lui. On monte le vélo dans son pickup et 10 minutes plus tard je suis chez Kaveh, un vendeur de pièces automobiles. Il loue un petit appartement qui lui sert d'entrepôt. Il me présente son ami et "associé" Ali. Un jeune de 18 ans qui travaille à 2 endroit pendant ses études. Un bonne douche et je sèche mes vêtements. Une heure plus tard c'est la neige qui envahît Tabriz. C'est la première de la saison me dit-on.
Kaveh me parle de l'Iran, de la culture, des mœurs. Sa copine arrive pour nous préparer un dîner et s'en va après manger. Comme ils ne sont pas mariés, leur relation est interdite. À 31 ans, ils doivent se cacher des voisins curieux et des parents stricts. Je leur montre les photos de mon voyage et ça leur donne envie d'aller voir le monde, mais ce n'est pas aussi facile. Ali me dit qu'il n'a pas le droit d'avoir un passeport avant d'effectuer son service militaire de 2 ans.
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| La neige à Tabriz |
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| Avec Kaveh |
Jour 3
Je quitte mon hôte tôt le matin et je me dirige vers le centre-ville pour trouver un hôtel. J'ai pas envie d'abuser de sa gentillesse et de son hospitalité. Heureusement la neige a fondu et la météo s'annonce bonne pour les prochains jours. Je trouve le plus misérable des hôtels mais pour 7€ j'ai une chambre individuelle. Par contre il faut payer 1€ pour la douche, abusé ! Aujourd'hui je visite Tabriz.
La ville est célèbre avec son marché. Un des plus grands au monde, si ce n'est le plus grand. L'air est rempli d'arômes d'épices et de thés. Des marchands de tapis, fruits secs, bijoux, on peut y trouver tout, même des merdes chinoises sans aucune valeur.
Je tourne dans le centre-ville sans but précis. Je passe à côté de quelques belles mosquées. Je profite également pour échanger de l'argent. Une partie du bazar est réservée au bureaux de change. Le taux n'est pas fixe et je peux faire jouer la concurrence. Le matin, Kaveh m'a donné le bon taux que je dois demander. On me propose un taux au-dessous du "normal" mais dès que je me retourne vers la porte le taux grimpe. J'atteins le taux conseillé, marché conclu.
Tabriz est un musée de vielles voitures, dans le mauvais sens du terme. Voitures de 50-60 ans, production iranienne, polluent sans cesse avec leurs pots d'échappement et le bruit de leurs klaxons. La circulation est toujours aussi chaotique, mais je commence à m'y habituer.
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| Mosquée Saheb-ol-Amr |
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| La Grande mosquée de Tabriz |
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| Le bazar |
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| Arg-e Alishah |
J'ai envie de voir Tabriz la nuit. Je passe tout d'abord par l'hôtel de ville. Le rond point devant le bâtiment est envahi par la police. Je tente le diable. Je sors mon appareil photo et 5 secondes plus tard 2 agents débarquent. Ils me disent qu'il n'y a aucun souci et qu'ils veulent juste vérifier mes dernières photos. Même pas vérification du passeport. On me sert la main et "Good-bye". Je veux ma photo mais on me fait comprendre que ça ne sera pas pour ce soir. Revenir demain, me dit un des policiers. Je continue ma route jusqu'au parc Khaqani qui voisine avec la Mosquée Bleue. Au retour, le nombre de policiers devant la mairie a visiblement diminué et je profite pour prendre ma photo. Ni vu, ni connu.
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| La mosquée bleue |
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| Parc Khaghani |
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| Hôtel de ville |
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| La neige à Tabriz |
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| Encore une mosquée |
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| Nouvelle mosquée |
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