"Inde" : la délivrance

Bhimdatta, Népal 0

Jour 1

Nathou repartie vers la France, me voilà de nouveau seul avec Günther et ma tristesse. Quitter New Delhi en heure de pointe n'est pas si facile. Je suis en plein dans les bouchons et les chauffeurs indisciplinés bloquent la chaussée. Tout le monde est à l'arrêt. Après 2 heures de slalom je quitte enfin l'agglomération de la capitale. J'avance dans un brouillard gris à travers la région la plus polluée de l'Inde. C'est moche, c'est gris, c'est froid et triste.
Une voiture s'arrête devant moi et je remarque tout de suite l'autocollant "Press" sur le pare-brise arrière. Le journaliste me questionne et note tout sur son bloc-note. Il m'oblige à mettre mon casque avant de me prendre en photo; pour montrer l'exemple.
Quelques kilomètres plus loin je traverse le sympathique Gange. Je ne m'y baignerai pas.
Au bout de 110km je m'arrête dans un hôtel. De la douche ne coule que de l'eau froide et le gérant me ramène un seau d'eau chaude.
Sur l'autoroute
Le Gange

Jour 2

La nuit était extrêmement froid et le matin ne l'est pas moins. Vers 9h un épais brouillard enveloppe la ville de Gajraula. Je décide d'attendre en zappant les chaîne. Je tombe sur l'émission "Les routes de l'extrême". À la 7em position on trouve les rues du vieux Delhi, les mêmes rues qu'nous avons empruntées la semaine dernière. Ce n'est pas aussi dangereux que bordélique et insolite.
Je repars vers 10h lentement, pétrifié par le frod. Au fil des heures les brouillard se dissipe mais le froid y reste pour autant. Aujourd'hui c'est la fête nationale et les routes sont envahies par des indiens en vacances.
Je m'arrête à peine à 90km de mon point de départ. Je trouve un hôtel assez propre pour les standards indiens. Toujours sans eau chaude j'arrive à négocier le tarif.
Je sors me restaurer dans le centre ville de Rampur. Dans le restaurant je m'aperçois que je reçois un service carrément supérieur à celui des locaux. Je dois être le premier étranger à y mettre les pieds.

Jour 3

Aujourd'hui le soleil arrive enfin à percer le nuage de pollution. Ses rayons me réchauffent et ainsi les kilomètres passent plus agréablement. Dans la vie d'un cycliste il y a toujours des journées insignifiantes et inintéressantes. Pourtant il faut passer par là pour avancer vers de beaux paysages et des jours meilleurs.
Je m'arrête dans la ville de Sitarganj à seulement 50km de la frontière népalaise. Depuis 3 jours, je ne pense qu'à quitter ce pays qui m'a usé avec ses routes et ses klaxons.

Jour 4

Dernière journée en Inde, enfin je l'espère. En partant de l'hôtel je prends la mauvaise direction. Je ne m'en rends compte que 10km plus loin. Déjà 20km au compteur et je suis toujours au même endroit. Cette fois sur la bonne voie, l'avancée n'est pas facile. Sur 30km la route ne ressemble à rien. On dirait qu'une guerre a éclaté dans la région et des indiens affamés ont bouffé le goudron. En approchant la frontière le revêtement disparaît complètement et j'avance sur du gravier ou quelque chose qui y ressemble. C'est lent et épuisant. J'arrive enfin à la frontière, un passage à l'Office de l'immigration côté indien puis côté népalais et me voilà au Népal. Pour avoir le visa rien de plus facile, il suffit de payer 40$ et de fournir une photo.
Pour être à l'heure, je fais avancer la grande aiguille d'un quart de tour. Jusqu'à là j'étais dans le fuseau horaire indien soit +5h30, pour passer "fuseau minutieux" de Népal +5h45.
Sur la route, très peu de voitures et beaucoup de vélos. De jeunes étudiants rentrant à la maison. Les plus curieux viennent me parler et ainsi dans un tempo très doux j'arrive à Bhimdatta. Je prends une chambre dans un petit hôtel pour seulement 4€. Il n'y a pas d'eau chaude mais j'ai du Wi-Fi, enfin quand il y a de courant. Il faut savoir ce qu'on veut.
Je mange du popcorn avec le gars de la réception qui m'apprend comment manger la canne à sucre. Finallement, on ne fait qu'extraire le jus, ce que la machine fait parfaitement bien. Il faut avoir les dents solides pour éplucher la cannes et accéder à la chair où se cache le jus sucré. Je prends mon dîner dans le restaurant en attendant le retour de l'électricité.
Vers la frontière népalaise


Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire