"Malaisie" : la côte ouest

Padang Besar, Malaisie 0

Jour 1

Il faut pas oublier pourquoi je suis là - pour pédaler. L'immobilité me fatigue plus qu'autre chose. Je quitte ainsi la maison d'hôte de bon matin avec la difficile mission de trouver la sortie du labyrinthe d'autoroutes de la capitale. Je monte sur une voie express en compagnie des malaisiens allant au travail et j'aperçois la présence d'une route parallèle dédiée aux deux-roues. Large d'une voie, la route est parfaite pour les vélos même si le trafic est important. Je quitte Kuala Lumpur sans aucune difficulté en direction de l'ouest pour rejoindre la route côtière.
La chaleur est là mais heureusement de beaux et épais nuages grisâtres empêchent le soleil de se montrer. Vers 11h30 le mercure dilaté atteint la 36ème barre du cadran. Au loin je vois un panneau "Hôtel" et je décide de m'y abriter pour le restant de la journée.

Jour 2

Je quitte mon hôtel à l'aube. Günther galope, infatigable, et le compteur affiche une moyenne de 22km/h après les 3 premières heures. Affamé, je devore les kilomètres mais aujourd'hui le ciel est bleu et pas un seul nuage pour me protéger. La route est très monotone, traversant de petits villages et des plantations de dattiers. Je ne suis pas loin de la côte mais pour le moment je ne sens que la douce brise maritime venant de l'ouest en ramenant une odeur salée. Je ne comprends pas la présence de petits poissons sur la route, probablement un camion qui perd lentement sa cargaison.
À 10h la température est de 35°C, à 11h - 38°C, à 12h - 40°C. Cela devient trop dangereux de continuer dans ses conditions et comme j'ai fait un beau parcours matinal, je m'arrête dans un hôtel chinois pas très cher à 70km de mon but - l'île Pulau Pangkor.

Jour 3

Je ne fais qu'une bouchée des kilomètres restants. Sur la route je rencontre un hollandais volant. Le gars fais des journées de 200km. Je suis sûr que ses sacoches sont remplies des célèbres gâteaux hollandais. Il voudrais arriver à Kuala Lumpur aujourd'hui (cela m'a pris 2 jours). Je lui souhaite bon courage et nos routes se séparent.
J'arrive au port de Lumut, je prends une place dans le ferry et 20 minutes plus tard je suis sur l'île Pangkor. C'est un endroit très calme où reigne une ambiance de petit village touristique. Les hôtels ne manquent pas mais les prix sont un peu extravagants. Je m'installe dans la baraque la moins chère. Pour la première fois je n'ai pas de clim, juste un vulgaire ventilateur au plafond. Il fait une chaleur accablante dans la chambre, mais je n'ai pas le temps d'en profiter, je file directement à la plage. Ici pas besoin de parasol, les arbres penchés tout au long de la plage procurent une ombre parfaite. L'eau est agréable et rafraîchissante. Sur le sable, quelques touristes occidentaux profitent du soleil, pourtant timide aujourd'hui, mais très peu s'aventurent dans l'eau. En fait, à seulement 10m la mer devient très profonde.
Le gérant de l'hôtel me suggère d'aller visiter le Fort hollandais. Pauvres bataves, leur fortification fait de la peine. Le petit jardin devant mérite plus le détour que cet espèce d'entrepôt de pirates.
Cette nuit je m'endors avec le bruit du ventilateur brassant l'air lourd et humide de la chambre.
Pulau Pangkor
Le fort hollandais
La plage de Pangkor

Jour 4

De nouveau sur le continent, je pédale à fond pour éviter la grande chaleur de midi. Je suis toujours la même route vers le nord, et j'ai pour objectif la ville de Taiping. Sur la route je croise un lézard préhistorique, un varan, son corps inanimé solidement scotché à l'asphalte.
Je ne comprends pas pourquoi les cyclistes locaux veulent toujours faire la course avec moi. Dès qu'ils me voient leur première idée c'est de vouloir me dépasser. C'est pas possible les gars ! La seule façon d'être plus rapide que moi c'est d'engager la conversation et de pédaler discrètement à 20cm devant moi. Mais au premier signe d'hostilité, je mets le turbo.
La ville de Taiping est célèbre avec son zoo et son lac. Je passe l'après-midi à me promener dans le parc du lac bien protégé du soleil par les couronnes des arbres. Le lieu parfait pour les pique-nique de dimanche. Familles nombreuses avec gamins bruyants, sportifs de dimanche ou couples cherchant l'intimité, il y a la place pour tout le monde.
Sinon dans la ville, à part la mairie de son style néo-victorien et une minuscule tour d'horloge, il n'y a pas grand chose à voir. Peut-être quelques ateliers mais je ne me suis pas renseigné plus que ça.
Depuis quelques jours j'ai envie d'une pizza et je vois un PizzaHut. Je saute sur l'occasion. Après 1h d'attente pour une simple pizza surgelée, je repars déçu.
Le parc
Nénuphars
Passage
Le lac

Jour 5

La nuit était reposante dans une chambre d'hôtel très confortable. Je n'ai même pas envie de repartir mais je m'en force. Il est 8h30 et il fait déjà très chaud. Le ciel est bleu, rien ne peut me protéger du soleil. Je paie ma fainéantise de ce matin. Vers midi le thermomètre de Günther affiche 44°C, même les vaches n'en peuvent plus, il faut que je fasse quelque chose. Je m'arrête à la première station de service, je sors mon casque poussiéreux et je le trempe dans l'eau fraîche. Après ce rituel un minuscule nuage apparaît à l'horizon.
L'île Pinang est reliée au contient par 2 gigantesques ponts, malheureusement interdits pour les vélos. Je dois prendre un ferry très lent et surchargé de voitures et motos. Attention, si vous voulez prendre le ferry avec un perroquet ou un veau, ça serait pas possible ; il faudrait nager. J'arrive à George Town, la ville principale de l'île : des restaurants, des hôtels et un trafic monstrueux, je trouve un super hôtel bon-marché (le moins cher depuis mon départ de Kuala Lumpur). Je n'ai pas de temps à perdre, je dois aller à la plage et corriger ce moche bronzage de cycliste. L'eau est à la température parfaite mais pas très clairez. Je ne vais pas faire mon difficile, sachant que mes amis en Europe se les caillent en ce moment.
Mon hôtel se trouve dans le quartier Little India et logiquement je suis obligé de manger des samossas. Ils n'ont pas le niveau des indiens ou des népalais mais cela me rappelle de vieux souvenirs.
Bains de boue
Les interdits au ferry
La plage de Batu Feringghi

Jour 6

Journée de repos pour visiter la ville et profiter un peu plus de la plage. Les temples, les mosquées et les églises symbolisent parfaitement le multiculturalisme malaisien. L'architecture se souvient des temps des colonies, ce que le fort Cornwallis et le mémorial pour la reine Victoria prouvent incontestablement. Aujourd'hui la ville met en avant, dans ses guides et plans, l'art urbain. Dans chaque ruelle on peut trouver une oeuvre cachée, modernes ou rétro, il y en a pour tous les goûts.
Après ce petit tour je retourne à la plage pour une baignade et une séance de bronzage. La baignade ne dure que quelques minutes, interrompue par une méchante méduse. Le bronzage n'est pas très agréable avec le pied qui brûle. Bref, je repars fâché.
Hôtel-de-Ville
Mémorial pour la reine Victoria
Église Saint Georges
Temple bouddhiste
Mosquée Capitaine Keling
Street Art

Jour 7

La journée commence avec une surprise, le ferry de retour est gratuit. Le soleil m'épargne aujourd'hui, mais le vent le replace avec honneur. Malgré les caprices d'Éole, j'arrive à destination, dans la ville Alor Setar. La première fois j'ai cru voir Alo Star et j'ai répondu à l'appel.
Dès l'entrée de la ville je tombe sur la mosquée Zahir, la plus belle de celles que j'ai vu en Malaisie. Le centre-ville est petit avec une concentration phénoménale de restaurants. Un plat de nouilles et quelques verres de jus de pastèque forment mon repas du soir. Je suis extrêmement fatigué, ça m'apprendra de regarder un match de foot à 4h du matin.
Masjid Zahir
Menara

Jour 8

Dernière journée en Malaisie, sauf une mésaventure à la frontière thaï. Le vent de face est encore plus fort qu'hier et les kilomètres passent lentement. Aujourd'hui je décide de carburer au jus de noix de coco (je préfère la pastèque mais c'est sans aucune importance). J'arrive à Padang Besar, une ville frontalière quelques heures plus tard. Je voudrais passer en Thaïlande tôt le matin pour ne pas perdre un jour de visa. Je trouve un hôtel calme à 1km des barbelés qui séparent les deux pays. Ce soir je vais dormir dans des draps Ferrari - le rêve ultime de tout garçon. Après une longue sieste je sors vers 20h pour aller au restaurant. Coup de bluff, pas un seul ouvert dans le village ; tout est fermé. Je trouve finalement une épicerie et j'achète de quoi manger - de nouilles déshydratées et des biscuits. Quel triste tableau, que ce dernier repas.
Chambre de garçon
La plage de Pangkor
Le jour s'échappe
Pulau Pangkor
Tour d'horloge
Hôtel-de-Ville de Taiping
Le lac
Le parc du lac
Une pahode
Le parc
Dans les rues de George Town
George Town
George Town
Street Art
Alor Setar
Belai Besar


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